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Disparus à jamais ou désormais menacés

Le tigre (Panthera tigris) est le plus grand des félins. Il est également le plus menacé d’extinction : sa population à l’état naturel est passée de 100 000 individus il y a un siècle à environ 4000 aujourd’hui.

Nom commun : Tigre

Nom latin : Panthera tigris (Linnaeus, 1758)

Classe, ordre, famille : Mammifère, Carnivore, Félidé

189-300 cm (M), 146-177 cm (F)

Queue : 72-109 cm

Hauteur au garrot : 80-110 cm

Poids : 100-261 kg (M) (exceptionnellement 325 kg), 75-177 kg (M) et 30-60 kg (F)

Gestation : 95-107 jours

Longévité : Jusqu’à 12 ans (M) et 16 ans (F) dans la nature ; 26 ans en captivité

Catégorie IUCN : En danger (au niveau mondial), en danger critique d’extinction (Chine, Russie, Sumatra)

Classement CITES : Annexe I

Espèce et sous-espèces : Le tigre comprend une espèce Panthera tigris (autrefois Felis tigris), subdivisée en six sous-espèces (UICN) : le tigre du Bengale, le tigre de l’Amour, le tigre de Malaisie, le tigre de Sumatra, le tigre d’Indochine, le tigre du sud de la Chine ou tigre d’Amoy. Trois se sont éteintes au cours des 80 dernières années : le tigre de la Caspienne, le tigre de Java et le tigre de Bali.

Distribution actuelle : Le tigre est actuellement confiné dans 11 pays asiatiques : Inde, Thaïlande, Népal, Bhoutan, Malaisie, Russie (extrême orient), Bangladesh, Indonésie (Sumatra), Myanmar, Chine et Laos. Il se reproduit dans huit de ces pays, et est éteint dans 11 autres.

Habitats : Le tigre est une espèce adaptée à de nombreux habitats forestiers : de plaines et d’altitudes, humides ou secs, de feuillus ou de conifères. Sa densité est plus importante dans les forêts sèches du Teraï (subcontinent indien) et évite les milieux anthropiques (terres agricoles, palmeraies, monocultures).

Menaces : Perte de l’habitat (agriculture, plantations huile de palme), déforestation, braconnage pour alimenter le marché de la médecine traditionnelle en Asie, diminution drastique des populations animales leur servant de proies (chassées pour la viande).

Type de conflits avec l’homme : Le tigre est réputé être le plus grand carnivore tueur d’hommes, notamment en Inde. Ceci est dû aux fortes densités humaines et à la forte exploitation de l’habitat du tigre. Malgré cela, rares sont les tigres qui se spécialisent réellement dans la chasse à l’homme. Les conflits entre l’homme et le tigre concernent principalement les attaques de bétails et d’animaux domestiques laissés sans surveillance dans la forêt.

Le Tigre du Bengale

Nom scientifique : Panthera tigris tigris

Statut (UICN) : En danger

Population : 1850 individus

Distribution actuelle : Bangladesh, Bhutan, Myanmar, Chine, Népal, Inde

Le tigre du Bengale est celui qui fût et qui reste le plus répandu. En 1900, plus de 40 000 individus vivaient dans l’ensemble du sous-continent indien. Il n’en reste plus aujourd’hui que 1850, dont la majorité en Inde. Sa population a chuté drastiquement depuis les années 2000, principalement en raison de la chasse (aux tigres et aux gibiers) et de la dégradation/perte d’habitats. Ces derniers auraient diminué en Asie et notamment en Inde de plus de 50% entre 1997 et 2006. Le plus grand des tigres avec celui de Sibérie (ou de l’Amour), il occupe une grande variété d’habitats : forêts en plaine et en altitude, sèches et humides (mangroves comprises), feuillus et conifères.

Le tigre de l’Amour

Nom scientifique : Panthera tigris altaica

Statut (UICN) : En danger

Population : 350-400 individus

Distribution actuelle : Est de la Russie, frontière Sino-coréenne

Le tigre de l’Amour ou tigre de Sibérie (synonymes : tigres de Manchourie, ou du nord de la Chine) est la plus grande des sous-espèces. Elle compte aujourd’hui 350-400 individus dans la nature. Dans les années 1940, il ne restait plus que 20-30 tigres de l’Amour notamment pour la chasse pour sa peau et pour la capture des jeunes pour les parcs zoologiques. La Russie le déclara espèce protégée en 1947, ce qui lui a permis de reconstituer ses effectifs dans les vastes espaces sauvages russes.

Ce tigre est malheureusement toujours menacé. Il est chassé en représailles aux attaques de troupeaux et de chiens (conflits hommes – tigres), mais aussi pour sa peau, ses os et sa viande qui se négocient à prix d’or sur le marché illégal de la faune sauvage. Son habitat naturel disparaît à l’est de la Russie à mesure que l’exploitation forestière à grande échelle s’intensifie. Enfin, ses proies comme les cerfs élaphes, les cerfs sikas et les sangliers, sont si abondamment chassées qu’elles disparaissent. Son avenir réside donc dans sa protection, ainsi que dans celles de son habitat et de ses proies, et dans le développement d’outils nécessaires pour limiter les conflits hommes – tigres.

Le tigre de Malaisie

Nom scientifique : Panthera tigris jacksoni

Statut (UICN) : En danger

Population : Officiellement 500 individus (très probablement plutôt 200 individus)

Distribution actuelle : Partie sud de la péninsule malaise

Autrefois présent dans l’ensemble de la péninsule malaise et au sud de la Thaïlande, le tigre de Malaisie n’existe plus que dans le sud de la péninsule. En 2004, il est identifié comme une variété du tigre d’Indochine. D’aspect assez similaire à ce dernier, il est plus petit. Trois sous populations existent et sont principalement menacées par la perte et la fragmentation de leurs habitats – à l’origine de nombreux conflits hommes – tigres – l’agriculture, l’exploitation forestière, les autres activités liées au développement socio-économique, le piégeage des éleveurs qui protègent leurs troupeaux, mais aussi des chasseurs qui ciblent le plus petit gibier.

Le tigre de Sumatra

Nom scientifique : Panthera tigris sumatrae

Statut (UICN) : En danger

Population : 400 individus

Distribution actuelle : Sumatra

Le tigre de Sumatra est la plus petite des sous-espèces. Elle subsiste dans les aires protégées de Sumatra, qui préserve les derniers espaces sauvages de l’île. Sa principale menace est la perte de son habitat, convertit par l’agriculture, l’exploitation forestière (production de papier et d’huile de palme). Cette perte est à l’origine de nombreux conflits hommes-tigres. Il est également tué pour sa peau, ses os et sa viande. Entre 1998 et 2002, au moins 51 tigres par an ont été tués, 76% pour le commerce illégal de la faune sauvage et 15% en représailles aux conflits hommes – tigres.

Le tigre d’Indochine

Nom scientifique : Panthera tigris corbetti

Statut (UICN) : En danger

Population : 250 individus

Distribution actuelle : Cambodge, Laos, Myanmar, sud de la Chine, Thaïlande, Vietnam

Le tigre d’Indochine ou tigre de Corbett correspondrait au type ancestral, la radiation à l’origine des autres sous espèces s’étant produite entre 72 000 et 108 000 ans. Son nom scientifique rend hommage au Colonnel Britannique Jim Corbett, fameux chasseur de tigres et de panthères mangeurs d’hommes du début du XXe siècle, et qui s’illustra par la suite comme un ardent défenseur de la protection des habitats et de la faune sauvage en Inde. L’UICN considère qu’il reste 250 individus dans la nature alors que certains spécialistes avancent les chiffres plus optimistes de 600 à 650 animaux. Sa population a connu une chute drastique en raison de la chasse pour sa peau, ses os et sa viande et de la perte d’habitats.

Le tigre de Chine du Sud

Nom scientifique : Panthera tigris amoyensis

Statut (UICN) : En danger critique

Population : inconnue

Distribution actuelle : Sud de la Chine

Distribution historique : Centre et Est de la Chine.

Le tigre du sud de la Chine, ou tigre d’Amoy, serait la variété la plus proche de l’ancêtre de tous les tigres actuels. De 1940 à 1970, la forte demande pour les peaux de tigres et la mauvaise réputation de l’animal ont conduit à la chute de sa population de 4000 individus à moins d’une centaine de tigres. Malgré son statut de protection, le tigre continua alors à être traqué afin d’alimenter le marché asiatique de la médecine traditionnelle en plein essor. Par ailleurs, l‘explosion démographique, l’intensification de l’agriculture et des monocultures ont fragmenté et remplacé la majeure partie de l’habitat naturel du tigre. Il n’a pas été observé dans la nature depuis 1983. L’espèce est donc soit éteinte soit sur le point de l’être.

Le tigre Caspien – disparu

Nom scientifique : Panthera tigris virgata

Statut (UICN) : Eteint, années 1970

Population : 0

Distribution historique : Pays frontaliers à l’ouest et au sud de la mer Caspienne : la Turquie, le nord de l’Iran, peut être une partie de l’Afghanistan, et l’Asie centrale, incluant une partie du désert de Taklamakan dans la région autonome du Xinjiang Uyghur au nord-ouest de la Chine

Dernier spécimen connu : En 1968 près de la mer d’Aral en Asie centrale

Le tigre de la Caspienne vivait autrefois sur toute l’Asie Mineure et une partie du Moyen-Orient. Il fût reconnu en tant que sous-espèce en 1981, bien que considéré comme éteint à l’état sauvage depuis le début des années 1970. Aucun spécimen n’existe en captivité. Le tigre de la Caspienne occupait les massifs forestiers éparpillés, reliés par des corridors le long des fleuves et des vallées. Il partageait son habitat avec les cerfs, les gazelles, les mouflons, les chacals, les loups, les guépards et les panthères. Son extinction est liée à l’avancée de la colonisation russe. Cette vaste région est composée de forêts proches de l’eau, dont les cours pénètrent dans des espaces plus ou moins désertiques et steppiques. Le tigre de la Caspienne, et ses proies, dépendaient donc directement de cet habitat, aujourd’hui en grande partie détruit au profit des cultures intensives.

Le tigre de Java – disparu

Nom scientifique : Panthera tigris sondaica

Statut (UICN) : Eteint, années 1970-80

Population : 0

Distribution historique : Java

Dernier spécimen connu : En 1976 dans le Parc national de Meru Betiri

Le tigre de Java se trouvait exclusivement sur l’île indonésienne du même nom où il était encore abondant partout au XIXe siècle. Le début du XXe siècle voit la population humaine augmenter et ses activités s’intensifier. Des forêts de teck sont plantées partout afin d’être exploitées. Elles envahissent l’île et remplacent les habitats naturels, hormis dans les régions les plus encaissées et donc les moins accessibles. Ces régions deviennent alors les derniers refuges où survit la faune sauvage. La diversité et la production végétale diminuent, peu de végétaux peuvent se développer sur le sol. Par conséquent, les espèces d’ongulés insulaires, donc de petites tailles, comme le Muntjac et les sangliers se raréfient. Les singes deviennent alors les proies principales des tigres qui entrent alors en compétition avec un autre grand félin, bien mieux adapté à ce type de chasse : la panthère de Java.  Le tigre de Java s’éteint donc au début des années 1980, faute d’habitat et de proies disponibles.

Le tigre de Bali – disparu

Nom scientifique : Panthera tigris balica

Statut (UICN) : Eteint, XXe siècle

Population : 0

Distribution historique : L’île de Bali (Indonésie)

Dernier spécimen connu : Un tigre abattu en 1937

Ce tigre reste très mal connu. Plus petit et plus rare que les autres, il aurait disparu de l’île de Bali vers 1940 en raison de la chasse (directe et de ses proies) et de la disparition de son habitat. Il est traditionnellement considéré comme une sous-espèce du tigre, mais d’autres experts le rattachent comme une variété du tigre de Java, lui aussi disparu.

Les menaces pesant sur les tigres

Les tigres sauvages sont menacés directement par la chasse liée au commerce illégal de la faune sauvage. Ses parties sont recherchées pour la médecine traditionnelle asiatique, notamment en Chine où la demande est très forte. Le commerce illégal des produits issus de la faune sauvage représente un marché très lucratif, et est estimé rapporter plus de six millions de dollars par an.

La chasse intensive menace également directement la survie des proies du tigre (cervidés, sangliers), l’obligeant alors à attaquer les troupeaux et parfois l’homme (conflits hommes – tigres). Ces conflits sont accrus par l’invasion du territoire du tigre par la population humaine croissante.

Les activités humaines telles que le développement des routes et des villages, de l’agriculture (notamment des monocultures comme les plantations d’huile de palme), de l’élevage, sont à l’origine d’une fragmentation et d’une disparition des habitats naturels nécessaires aux tigres. Sans ces habitats, pas de proies et donc pas de tigres. Enfin, plus l’habitat est fragmenté, plus la population de proies et de tigres sera restreinte et donc vulnérable à l’extinction.

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